Comme souvent en matière de mode, la tendance ‘Trash the dress’ nous vient des Etats-Unis. Traduisez par ‘détruire la robe’. Dans les faits, le but de la mariée n’est pas forcément de détruire sa robe de mariée, mais d’organiser une séance photo après la cérémonie. Une séance au cours de laquelle les postures prises par la mariée entraînent, sinon la destruction de la robe, au moins sa dégradation.

Les origines du ‘Trash the dress’

A la base, tout vient d’un photographe de Las Vegas, John Michael Cooper. En 2006, dans un blog, il raconte une séance photo particulière ; une session pendant laquelle il photographie une mariée en robe dans un décor post-apocalyptique. Au départ, il explique chercher une vraie mariée. Mais toutes refusent, aucune ne voulant salir la précieuse robe. Fixé sur son idée, il décide donc d’embaucher une mannequine, revêtue d’une robe de mariée qu’il trouve sur eBay. La photo est saisissante. John Michael Cooper raconte ses péripéties autour de cette session sous le titre Trashing the dress.

Mais la mode ne prend pas tout de suite. Pour l’heure, il s’agit avant tout d’une expérience photographique. Quelques mois plus tard, c’est un autre photographe, Mark Eric, qui, séduit et inspiré par l’idée, parvient à convaincre l’une de ses clientes de jouer le jeu après le mariage. A partir de 2007, l’idée fait florès, la toile s’en empare et les photographes du monde entier s’essaient au jeu. Les mariées sont partantes et les images sont géniales.

La destruction de la robe n’est pas le but du jeu

Les conventions imposent à la mariée une tenue blanche de rigueur, des poses convenues, des sourires obligatoires et des lieux de célébration triés sur le volet. Normal qu’elle ait envie de se lâcher en fin de journée pour une session photo déjantée. Le but du jeu n’est pas plus de détruire la robe que de s’amuser, de lâcher la pression du mariage. Il arrive même souvent que la robe ressorte aussi blanche après la séance qu’avant. Il y a comme un défoulement psychologique. La robe blanche ne pourra être portée qu’une seule fois. Alors après, on en fait quoi ? On la garde encadrée dans le salon ? On la plie et la range dans la naphtaline au grenier ? On la revend sur eBay ? Pourquoi ne pas faire un truc un peu dingue avec ? Histoire de clore la journée de mariage. Voilà, c’est fait. La robe, symbole parmi les symboles du mariage, a rempli sa fonction. Mademoiselle est devenue Madame. La robe peut s’en aller. Offrons lui une fin de parie à la mesure des émotions que l’on a besoin de libérer.

Vous vous mariez au bord de la mer ? Rendez-vous tous les deux dans l’eau, en habits de mariés, pour un moment magique et des photos qui resteront à jamais gravées. Il faut toujours un peu de chaos pour voir danser une étoile disait Nietzsche. Pour qu’un mariage dure, pour que les époux dansent tout au long de leur vie, pourquoi ne pas alimenter leurs souvenirs d’un peu de folie ? Peinture, éléments naturels, roulades, expressions corporelles… Trouvez le ton décalé. Lâchez-vous en robe de mariée, avec ou sans votre homme, pour une session photo inoubliable. Et quel meilleur acte de libération que de se moquer éperdument des conventions dans lesquelles on a été coincées toute la journée ? Sans parler des mois de stress pendant les préparatifs…

La perfection n’est pas de ce monde. Certes, vous l’ »avez été toute la journée. Mais quand la pression est trop forte, il faut savoir relâcher. D’aucuns diront que peut-être que de salir ou de déchirer volontairement sa robe de mariée est un sacrilège. D’autres trouveront sans doute au contraire qu’il n’y a aucune raison de garder immaculé un objet à usage unique. Autant aller jusqu’au bout de la journée, au bout du délire, au bout des émotions et user cette robe en abîmant bien plus le symbole que le tissu.